Photographie
Grégory Pirès & Jingoo

Travail dissimulé dans la photographie professionnelle : une menace croissante pour un métier en péril

Une profession sous pression

Le métier de photographe professionnel, déjà confronté à des défis structurels comme la démocratisation des outils numériques et l’évolution des attentes des clients, fait face à une nouvelle menace insidieuse : le travail dissimulé. Ce phénomène, exacerbé par certaines plateformes internationales, fragilise un secteur où l’expertise, la légalité et l’éthique devraient être des piliers intouchables. Cet article explore en profondeur la montée du travail dissimulé dans la photographie, ses implications économiques et sociales, ainsi que les solutions collectives pour y faire face, en s’appuyant sur des constats précis et des témoignages issus du terrain.

Quand les plateformes trahissent les professionnels

Une dérive orchestrée par des plateformes internationales

Depuis plusieurs années, des photographes professionnels alertent sur des pratiques préoccupantes de la part de plateformes de réservation de services, notamment dans le domaine du mariage. Une plateforme bien connue, basée en Espagne et récemment acquise par un groupe américain, a modifié ses critères d’inscription pour inclure des prestataires non professionnels, c’est-à-dire des individus sans numéro Siret ou statut légal. Cette décision, motivée par des considérations financières, a des conséquences directes sur les photographes professionnels :

Ce n’est pas un phénomène isolé. D’autres plateformes, souvent basées aux États-Unis ou dans d’autres pays, adoptent des pratiques similaires depuis plus d’une décennie. Ces plateformes, qui proposent des galeries de vente en ligne ou des services de référencement, ne demandent aucun justificatif de statut professionnel lors de l’inscription. Cette permissivité favorise l’émergence d’un marché parallèle où des amateurs, parfois sous des identités usurpées, concurrencent directement les professionnels.

Un exemple concret : l’usurpation d’identité

Chez Jingoo, plateforme réservée exclusivement aux photographes professionnels, nous constatons chaque semaine des tentatives d’inscription frauduleuses. Environ 5 à 6 inscriptions quotidiennes sont enregistrées, mais un contrôle rigoureux, incluant une vérification automatique du numéro Siret et un appel téléphonique de validation (conformément à la réglementation DSP2 et à la procédure KYC – Know Your Customer), permet de détecter une dizaine de cas d’usurpation d’identité par semaine.

Ces cas impliquent souvent des individus qui récupèrent des numéros Siret de photographes professionnels sur Internet pour s’inscrire sur des plateformes sans contrôle. Lorsqu’ils sont démasqués, certains réagissent avec agressivité, revendiquant leur inscription sur des plateformes étrangères qui n’imposent aucune vérification. Ces plateformes, souvent américaines ou canadiennes, deviennent des refuges pour le travail dissimulé, au détriment des photographes respectueux des lois françaises.

Les implications économiques et juridiques

Une menace pour la viabilité économique des photographes

Le travail dissimulé, en permettant à des non-professionnels de proposer des services à bas coût, a un impact direct sur les revenus des photographes professionnels. Ces derniers, soumis à des charges sociales, des taxes et des obligations légales (assurances, cotisations, etc.), ne peuvent rivaliser avec des tarifs pratiqués par des amateurs qui n’ont pas les mêmes contraintes. Par exemple :

Risques juridiques pour les photographes et les clients

Le travail dissimulé expose également les photographes professionnels à des risques juridiques. En cas de litige (par exemple, un travail non conforme ou une prestation non livrée), les clients n’ont aucun recours contre des prestataires non déclarés. De plus, les photographes professionnels qui utilisent des plateformes non conformes peuvent être exposés à des sanctions pour complicité involontaire de travail dissimulé, notamment si ces plateformes ne respectent pas les réglementations européennes comme la DSP2.

Enfin, l’usurpation d’identité, détectée régulièrement par Jingoo, constitue un délit pénal. Les photographes victimes de ce type de fraude peuvent subir des préjudices financiers et réputationnels, tandis que les plateformes laxistes deviennent des complices indirects de ces pratiques.

L’inaction des instances professionnelles

Depuis plusieurs années, Jingoo alerte la Fédération Française de la Photographie et des Métiers de l’Image (FFPMI) sur ces dérives. Des demandes claires ont été formulées : sensibiliser les plateformes étrangères pour qu’elles intègrent un contrôle obligatoire du numéro Siret et respectent le droit français. Malheureusement, ces appels n’ont reçu qu’une fin de non-recevoir, sans action concrète ni communication auprès des photographes.

Cette passivité est d’autant plus préoccupante que les preuves de ces pratiques sont facilement vérifiables. Un simple test d’inscription sur ces plateformes, qui prend moins d’une minute, suffit à constater l’absence de contrôle. Cette inaction laisse les photographes professionnels isolés face à un problème systémique.

Une mobilisation collective pour protéger la profession

Le pouvoir de la carte bancaire

Comme le souligne Jingoo, « la meilleure carte d’électeur dans le monde d’aujourd’hui, c’est votre carte bancaire ». Les photographes professionnels, en tant que consommateurs de ces plateformes, ont un levier d’action puissant : leur portefeuille. Voici des actions concrètes pour faire bouger les lignes :

  1. Contacter les plateformes : Écrivez aux services clients pour exprimer votre mécontentement face à leurs pratiques. Mentionnez explicitement que l’absence de contrôle favorise le travail dissimulé et la concurrence déloyale.
  2. Menacer de boycott : Indiquez que vous cesserez d’utiliser leurs services (abonnements, forfaits, etc.) si aucune mesure n’est prise pour limiter l’accès aux professionnels déclarés.
  3. Utiliser les réseaux sociaux : Partagez vos expériences et critiques sur les réseaux sociaux des plateformes concernées. Une mobilisation visible peut amplifier la pression.
  4. Privilégier les plateformes éthiques : Tournez-vous vers des services comme Jingoo, qui imposent des contrôles rigoureux et soutiennent exclusivement les professionnels.

Repenser l’action collective

Le dicton « diviser pour mieux régner » prend tout son sens dans ce contexte. Les photographes professionnels, souvent isolés dans leur activité, doivent réapprendre à « penser et agir ensemble ». Une mobilisation collective, même à petite échelle, peut avoir un impact significatif. Par exemple :

Le modèle Jingoo : une alternative éthique

Depuis 18 ans, Jingoo s’engage à ne travailler qu’avec des photographes professionnels. Notre modèle économique repose sur la rentabilité de nos utilisateurs, avec des outils conçus pour maximiser leurs revenus tout en respectant les obligations légales. Chaque inscription est soumise à une vérification stricte, et notre équipe détecte et bloque les tentatives frauduleuses. Ce positionnement, bien que contraignant, garantit une concurrence équitable et protège la profession.

Les voix des photographes

Pour illustrer l’impact de ces pratiques, voici quelques témoignages issus de nos podcasts récents :

Ces témoignages soulignent l’importance de plateformes qui soutiennent les photographes dans leur quête de qualité et de légalité.

Un appel à l’action

Le travail dissimulé dans la photographie professionnelle n’est pas une fatalité. Si les plateformes internationales continuent de privilégier leurs profits au détriment des réglementations et de l’éthique, les photographes ont le pouvoir de changer la donne. En utilisant leur influence économique et en s’unissant, ils peuvent pousser ces plateformes à revoir leurs pratiques. Comme le dit l’adage, « rien n’est écrit d’avance ». Il est temps de passer du constat à l’action, de cultiver le « nous » plutôt que le « je », et de défendre un métier qui allie passion, expertise et indépendance.

Agissez dès aujourd’hui : contactez les plateformes, partagez vos préoccupations, et soutenez des services comme Jingoo qui placent les photographes professionnels au cœur de leur mission. Ensemble, nous pouvons préserver l’avenir de la photographie professionnelle.

Grégory Pirès & Jingoo
August 4, 2025
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